Résolution des crises du septentrion : La nécessaire anticipation
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Dans 6 mois, le pouvoir d'IBK aura 2 ans. Dans 2 ans, le président français François Hollande issu du parti socialiste, c'est-à-dire de la gauche française, remet son mandat en jeu. Or, d'élection en élection, le parti socialiste perd du terrain. Comme, c'était le cas sous Nicolas Sarkozy, président issu de l'U.M.P (Union pour un Mouvement Populaire), parti de la droite française. Rien ne garantit à celui qui a décidé de l'opération Serval un second mandat.

Les alternances risquent de se suivre à chaque élection présidentielle en France. Aux dires de François Fillon, ex-Premier ministre, «la France est un État en faillite». Ces propos que l'on y adhère ou pas ont quelque chose de juste. Barkhane coûte chère à la France. La France n'a plus les moyens de ses ambitions. Tous les observateurs conviendront avec nous que la droite et la gauche française ont une approche très différenciée de la politique étrangère en général et notamment de la crise dans les régions du Nord du Mali.

Les meilleurs amis du Mnla en France sont de la droite. Les gars du Mnla en ont conscience. C’est pourquoi ils traînent des pieds et des mains dans le processus d'un retour à la normale. De bonne guerre. Il faudrait bien que nous nous mettions définitivement en tête ceci : Si la stabilisation et la stabilité du Sahel devraient passer par une désintégration du Mali, la droite française n'hésiterait pas un instant. Cela ne veut pas dire que la gauche soit meilleure à la droite et vice-versa. Point de raccourcis. Chaque camp a ses qualités et défauts. Mais, cela est un autre sujet.

Alors que faire ?

Nous l'avons dit mille et une fois déjà. Le jour où le Mnla et alliés sauront que nous avons les moyens militaires de les vaincre, ils rentreront de sitôt dans les rangs sans broncher. Pour vaincre le Mnla, nous devons vaincre nos faiblesses, à savoir la corruption et l'impunité qui sont de nos jours de véritables institutions au Mali. Blaise Compaoré avait dit en qualité de médiateur de la crise malienne qu'un de ses conseillers lui a dit en substance : Le Mali peut s'écrouler ; ce n'est pas le problème des hommes politiques maliens ; dès lors qu'il subsiste une parcelle de pouvoir à Bamako ; ils se battront pour. Si notre élite (parce que au pouvoir) continue avec ce type de mentalité, de raisonnement, il en est fini du grand Mali.

Il est urgemment demandé à IBK pour l'honneur du Mali et la dignité des maliens de : fermer immédiatement le prytanée militaire ; de redéployer son budget aux recrutements des soldats de rang (Le Mali n'a que faire de ce trop-plein d'officiers. Porte-galons. Qui font du Mali la risée dans le concert des nations) ; de ne plus passer son temps et son énergie à se demander où réemployer Mme Bouaré Fily Sissoko et Mahamadou Camara (Mais de réfléchir aux moyens de raviver notre patriotisme commun) ; de se débarrasser de tous ses conseillers à la réputation douteuse et au patriotisme sujet à cautions (S'entourer d'une nouvelle équipe à la probité incontestable) ; de créer une commission nationale où tous les cadres et responsables publics (élus et nommés) déclarent annuellement leurs biens, déclaration consultable sur internet ; pour exemple et pour des économies de ramener le nombre de ministres à 14 au plus.

Si les Maliens n’obligent pas nos gouvernants à la vertu, il est à craindre qu'un éventuel changement de majorité en France ne soit fatal au grand Mali. Le salut du Mali viendra de ses filles et fils. Les arguments à faire dormir debout du genre «la France a fait ceci, l'Algérie a fait cela», ne sauraient être opérants. Nos rebellions datent de très longtemps, notre corruption et notre impunité en sont les vecteurs. Oublions les boucs émissaires. Nous ne duperons personne. IBK fut élu par des Maliens. Nous voyons la suite. Le temps nous est compté. Sachons anticiper au moins pour une fois.

Boubacar SOW

boubacarsow@hotmail.fr

 

Source: Le Reporter

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