Billal Ag Achérif va rejoindre le Hcua
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Les différentes délégations en provenance des régions du nord du Mali arrivent à Bamako. Du beau monde en perspective mais aussi des informations et des rencontres. Chacun y va déjà de sa version des faits surtout au sujet des récentes violences.

Selon plusieurs personnes que nous avons rencontrées, le Mnla semble mener seul tous les combats, sans l’aval du Hcua, à part les répliques autour de Ménaka. Aujourd’hui, Billal Ag Chérif n’est pas en phase avec les combattants du Mnla que dirige Mohamed Ag Najim. Ce dernier fait partie des radicaux qui sont contre la signature de l’accord. C’est ce qui est à la base de leur divergence. Les radicaux accusent Billal Ag Chérif d’être de connivence avec Bamako et l’Alger. Selon certains d’entre eux, il veut leur faire signer l’accord d’Alger juste pour ne pas accepter l’échec des Algériens que tout le monde ménage aujourd’hui.

Un combattant de la Cma, très écouté, Ehameye Ansari, qui est proche des radicaux du Mnla, s’attaque au processus de paix d’Alger en ces termes : «Pendant les 8 mois de vacances à Alger, les nouveaux leaders de l'Azawad se moquaient des anciens leaders azawadiens des années 1990 qui étaient de l'autre côté de la table à défendre le Mali. Aujourd'hui, ces mêmes leaders essayent honteusement de nous convaincre que trahir les aspirations des Azawadiens, serait la seule solution, gage de survie pour notre peuple. Nous laisserons aux orphelins, veuves, réfugiés et exilés l'honneur de répondre». Ce coup de gueule entrevoit une éventuelle signature de la Cma.

Selon une autre source, Billal va aussi trahir le Mnla au profit du Hcua. Ses camarades pensent qu’il est le seul à voyager, à faire le tour des capitales africaines, sans consulter les autres. Mieux, il se préoccuperait moins de la gestion des combattants sur le terrain. Nombres de ses camarades n’apprécient pas sa proximité avec Bamako et Alger. Lui qui, selon certains, avait résisté aux billets de banque.

Les 80% des membres du bureau Mnla qui ne sont pas pour la signature de l’accord d’Alger, pensent que les attaques de Goundam, Léré, Diré, Bintagoungou, Ténenkou ne sont que le début d'une nouvelle ère dans la lutte que mène le peuple de l'Azawad. «Un message à l'endroit des leaders qui tentent de saborder les acquis du peuple de l'Azawad», soutiennent-ils.

À tout cela, sont venues s’ajouter les mésententes à l’intérieur de la branche militaire de la Cma. Lesquelles ont empêché Billal Ag Chérif de se rendre à Nouakchott pour la réunion de clarification de la Cma, avant la rencontre avec la médiation autour de la question de Ménaka. Selon Mohamed Ali, représentant de la Cma, à Nouakchott, il y a eu une séance de travail, mais pas une réunion, car Bilal était encore entre Dakar et Ouagadougou.

«Mais Bilal était à Ouaga le jeudi dernier. Il a quitté le matin pour arriver tard dans la nuit à Nouakchott. C'est trop flou. C'est une Commission de travail de la Cma qui s'était réunie le même jeudi parce que l’Union européenne et les USA sont en train de faire pression sur la Cma, parce que je vois que nos gens sont confiants ici», nous a confié une autre source.

Venus à Bamako pour la signature de l’accord, les proches de Bilal se refusent tout contact avec les émissaires des radicaux venus de la Mauritanie et de la France plus quelques-uns de Bruxelles. Ils utilisent des citations pour illustrer leur colère. John Stuart Mill a dit: «La valeur d’un Etat à la longue, c’est la valeur des individus qui le composent. Un Etat qui rapetisse les hommes pour en faire des instruments dociles entre ses mains, un tel Etat s’apercevra qu’avec des petits hommes, rien de grand ne saurait s’accomplir».

Sinaly KEÏTA

 

Source: Le Reporter

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