L’APPLICATION DE L’ACCORD SANS DISCERNEMENT ANNONCE LA FAILLITE DU REGIME IBK
Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Les avantages octroyés à la CMA seront l’étincelle qui fera exploser la montagne de frustration du peuple malien

En République du Mali, pour faire entendre sa voix et faire prévaloir ses droits les plus légitimes à un emploi décent, à l’accès aux services sociaux de base et au développement de sa région, il vaut mieux être un narco trafiquant doublé d’un rebelle sans foi ni loi que d’être un citoyen modèle, pacifique et respectueux des lois de la République. Tel est l’amer constat que l’on peut tirer de la gestion des rébellions cycliques par les pouvoirs d’Etat de la deuxième et de la troisième République. Elu pour établir l’équité et la justice dans une société malienne rongée jusqu’aux os par la corruption et le népotisme, le « Kankelen Tigui » a vite fait de décevoir les maliens, à seulement 22 mois d’exercice de pleins pouvoirs, qui ont voté pour lui. Le désespoir et la frustration ne font que prendre de l’ampleur au sein de la masse populaire. Si des mesures correctives ne sont pas vite apportées à la gouvernance, les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets.

Les rebelles de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) sont-ils plus méritant que les autres maliens ? Ont-ils plus de compétence à faire valoir ? Sont-ils plus représentatifs des populations du nord malien pour que la Communauté internationale décide d’un Accord aussi déséquilibré en leur faveur au détriment de l’écrasante majorité des maliens? La réponse à ces questions a été des plus partiale. Leur octroyer un statut particulier différent des autres citoyens vivant sur le même territoire semble insensé. Tout indique hélas  encore une fois que l’Etat malien n’a pas su tirer toutes les leçons du passé.

Comme toujours, l’Autorité malienne ne cesse de dérouler le tapis rouge aux rebelles. C’est à croire qu’elle veut les récompenser d’avoir trahi le peuple tout entier. L’Etat malien s’apprête à réintégrer dans les Forces armées et de Sécurité à ceux-là même qui ont déserté l’Armée, massacré des centaines de leurs frères d’armes à Aguelhok, violé et violenté les femmes, détruit les biens publics, profané nos églises et nos mosquées, brulé nos manuscrits vieux de mille ans. Ils ont oppressé dans un élan raciste les populations noires de Kidal et continuent de transformer le nord en une plaque tournante du trafic international de stupéfiants. Malheureusement, les victimes de ces sévices et les familles de victimes n’ont que leurs yeux pour pleurer et ne peuvent compter que sur le Bon Dieu pour obtenir Justice et Réparation. Le gouvernement contre toute attente vient de lever au nom de la paix les mandats d’arrêts contre les chefs rebelles et décidé de leur octroyer des primes à l’impunité et à l’apatridie. Où sont passées les promesses électorales de fermeté du président IBK : « Nul ne saurait et ne doit être au-dessus de la loi », « je ne négocierai jamais avec des terroristes le couteau à la gorge », « le Mali d’abord », « aucun rebelle ne se hissera à ma hauteur » ? Ces slogans de campagne se sont échoués dans les sables mouvants du désert malien.

Et pendant ce temps, le pays sombre dans les abysses

Pendant que les rebelles de la CMA se la coulent douce dans les hôtels feutrés de Bamako aux meilleures étoiles à Salam, au Radisson ou au Kimpeski jouissant à pleines dents des iniques privilèges et avantages à eux octroyés, au même moment les conditions de vie du malien lambda ne font que se dégrader de jour en jour. Le chômage reste endémique, chaque année, des dizaines de milliers de jeunes diplômés sortent de nos écoles et inondent le marché de l’emploi déjà saturé par d’autres centaines de diplômés en quête désespérément d’un premier emploi décent qui leur permette de vivre dignement. En dépit de tout, l’Etat continue comme lors des précédents processus de paix en 1990, en 1992 et en 2006 de réintégrer les officiers déserteurs de la CMA aux mêmes rangs et grades qu’ils avaient quand ils ne viennent pas tout simplement grossir les effectifs des différents corps de la fonction publique.

C’est dans un tel contexte de précarité que le sinistre vice-président du MNLA, Mahamadou Djeri Maiga se permet de se rendre en Côte d’Ivoire avec 600 millions de F CFA. Arrêté dans un premier temps par les autorités ivoiriennes, il sera relâché grâce à l’intervention du gouvernement malien qui a tenu à préciser que le mandat d’arrêt visant le rebelle avait été levé. La question que tous les maliens se posent est simple : d’où est-ce que ce dernier a-t-il bien pu obtenir une si colossale  somme ? A ce stade, difficile de spéculer. Mais des bruits de coulisse affirment qu’il n’a pas gagné au tiercé mais qu’il aurait touché ce gros lot lorsqu’il a accepté de se rendre à Bamako pour la signature de l’Accord de paix et de réconciliation. L’étreinte entre Mahamadou Djeri Maiga et le président IBK, une accolade qui vaudrait alors 600 millions de F CFA !

La grogne sociale prend de l’ampleur et elle peut éclater à tout moment. L’Administration IBK et la classe politique, Majorité comme Opposition, doivent prendre conscience de la frustration généralisée qui sévit actuellement au sein de la jeunesse malienne. Autrement, un scénario à la Mohamed Morsi n’est pas à exclure. Qu’à Dieu ne plaise.

Ahmed M. Thiam

Source: Infosept

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

KIOSQUE JOURNAUX
(Sélectionnez un journal pour afficher les articles)

Restez connecté

You are here: