Choix du Gabon pour la Can: un choix loin de faire l’unanimité
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C’est le Gabon qui va organiser la Can 2017. Un choix que beaucoup considèrent comme celui du président Issa Hayatou et non celui des pays membres de la Confédération africaine de football. Loin d’être de mauvais perdants, l’Algérie et surtout le Ghana le démontrent avec des arguments pointus.

C’est finalement le Gabon qui abritera la Can Orange 2017 ! C’est ce que la Caf a décidé presqu’à la surprise générale. La Can 2013 ayant été disputée en Guinée équatoriale, donc en Afrique centrale, ils étaient nombreux à attendre la 31ème phase finale en Afrique de l’Ouest (Ghana) ou au Nord du continent (Algérie). L’Algérie avait été donnée favorite par de nombreux observateurs, car ce pays n’a pas organisé la Can depuis 1990, alors que le Ghana l’avait abritée en 2008. Sans compter que le Gabon et la Guinée équatoriale avaient aussi co-organisé la Can 2012 ! Mais le Comité exécutif a décidé que la compétition va rester en Afrique centrale après «Guinée Equatoriale2015». Un choix qui fait couler beaucoup d’encre et de salive.

En effet, les autres pays candidats, notamment l’Algérie et le Ghana, ne cessent de crier au vol. La déception est surtout grande au pays des Fennecs. C’est sur les réseaux sociaux que le mécontentement a été assez visible. Si certains estiment que l’Algérie a été écartée à cause de la recrudescence de la violence dans ses stades ces derniers mois, d’autres révèlent que c’est la conséquence de la tension entre Mohammed Raouraoua, le président de la Fédération algérienne de football (Faf) et Issa Hayatou. Le premier serait opposé à la suppression de la limitation d’âge pour briguer la présidence de la Caf.

Le ministre algérien des Sports, Mohamed Tahmi, a dénoncé, le 11 avril 2015, lors d'une rencontre avec la presse sportive de son pays, le manque de «transparence» de la CAF dans l'attribution de la Coupe d'Afrique des nations 2017 au Gabon. «Il n'y a pas de transparence au niveau de la Caf», a déclaré le ministre, reconnaissant avoir «un sentiment de révolte» face au «mode de fonctionnement de la Caf». «Nous avons mis à nu un dysfonctionnement de cette institution (Caf)», ajoute-t-il.

Pour M. Tahmi, l'Algérie avait un dossier solide et précise que son pays avait «eu des garanties pour que les choses se déroulent de manière réglementaire». Le ministre des Sports estime toutefois que ce n'est pas une grosse perte et que l'argent qui devait être «alloué à l'organisation de cette Can sera utilisé pour développer le sport algérien». Une très bonne résolution.

Les Ghanéens n’ont pas non plus caché leur mécontentement. «Il s’est passé quelque chose et dans les prochaines heures ou jours, vous allez en entendre parler», avait déclaré Randy Abbey, membre du Comité de présentation du dossier ghanéen sur des chaînes locales suite à l’annonce du pays organisateur. «Même les membres du Comité exécutif de la Caf ne connaissaient pas le résultat des votes, seul Issa Hayatou a pu le voir. Les règles disent qu’un vainqueur doit avoir au minimum 8 des 14 voix, mais personne ne connaît le décompte pour dire combien de voix le Gabon a eu. On nous a amenés dans la salle de conférence et Issa Hayatou est arrivé avec son papier indiquant que le Gabon a gagné», poursuit l’ancien directeur de communication de la Fédération ghanéenne de football (GFA). Il révèle notamment que la cérémonie d’attribution devait être diffusée sur la chaîne SuperSport, mais finalement «tout a été annulé à la dernière minute, sans raison».

Certains observateurs n’hésitent pas à dire que le président Hayatou est «en train de renvoyer l’ascenseur» à ses parrains politiques très influents sur la scène continentale, notamment Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la République de Guinée équatoriale et Ali Bongo Odimba du Gabon. Les Gabonais ne veulent pas surtout entendre parler de favoritisme par rapport au choix porté sur leur pays. «Si on nous a choisis, c’est qu’il y avait de bonnes raisons de nous choisir», a défendu dans la presse le Premier ministre Daniel Ona Ondo.

Pour lui, le choix porté sur son pays est avant tout «une victoire pour notre diplomatie sportive, pour notre jeunesse, c’est une victoire pour notre pays». Tout en faisant savoir que le Gabon sera prêt pour l’événement, le Premier ministre a rappelé que «nous avons déjà eu une expérience, nous l’avons déjà organisée (en 2012, co-organisation avec la Guinée Equatoriale). Donc, nous avons déjà certains stades, mais il faut en construire d’autres. Nous mettrons tout en œuvre pour être à la hauteur de la confiance qui a été mise du côté du Gabon». La Can 2017 sera «un grand moment non seulement sportif, mais aussi économique pour le Gabon», assure Daniel Ona Ondo, naturellement heureux de sa victoire diplomatique et sportive.

L’Algérie et le Ghana doivent maintenant se préparer pour briguer l’organisation de la phase finale de… 2025 ! En effet, les éditions de 2019, 2021 et 2023 ont été respectivement attribuées au Cameroun, à la Côte d’Ivoire et à la Guinée-Conakry qui, on espère, aura entre-temps vaincu la fièvre hémorragique à virus Ebola. La désillusion est surtout grande du côté de l’Algérie qui n’a plus organisé le tournoi depuis 1990 et qui s’était aussi portée candidate pour les Can 2019 et 2021. Donnée favorite, elle avait proposé quatre villes-hôtes (Alger, Annaba, Blida et Oran), où plusieurs stades sont en voie d'achèvement. De plus, l'Algérie disposait d'une longueur d’avance sur ses rivaux grâce à ses infrastructures et à ses moyens financiers. Hélas, le sort semble s’acharner sur nos amis Algériens. Si ce n’est pas plutôt la… Caf !

Moussa BOLLY

Source: Le Reporter

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