LE HIP-HOP AU MALI : «Bolly Flow», la coqueluche du rap à Kadiolo
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Après une période de flottement, le Mouvement hip-hop malien est aujourd’hui en plein boum. En plus de Bamako, la capitale, il fait des adeptes dans presque toutes les villes maliennes. Et Kadiolo (480 km au sud du Mali, frontière avec la Côte d’Ivoire) n’est pas en marge du mouvement. Si de nombreux jeunes scolaires s’y essayent aujourd’hui au rap, Badra Aliou Bolly alias «Bolly Flow» semble émerger du lot. Zoom sur la coqueluche locale.

Ce mardi 16 juin 2015, le groupe scolaire de Kôkô (un vieux quartier de Kadiolo) célèbre sa fête de fin d’année. Cette année, l’invité est un jeune rappeur de la capitale du Folona : Badra Aliou Bolly, connu sur scène sous le nom de Bolly Flow ! L’engagement porte sur une courte prestation. Mais, les élèves s’en délectent et ne veulent pas se contenter de ce bref passage. Ils réclament plus. Sa discrète tentative de s’éclipser est un échec. Il a alors été suivi jusqu’à la maison par un flot d’enfants qui clament son nom : Bolly Flow ! Bolly Flow ! Au finish, il parvient à leur échapper pour se cacher dans une maison jusqu’au crépuscule.

Cette scène en dit long sur la popularité de cet adolescent qui s’essaie au rap avec un succès prometteur. Et aujourd’hui, il est le leader du hip-hop local, la coqueluche des enfants de Kadiolo. «À la maison, les enfants ne parlent que de Bolly Flow. Au début, cela m’exaspérait, mais je me suis vite rendue compte que les miens n’étaient pas les seuls à admirer les chansons de ce jeune rappeur. Et contrairement à ce que je pensais, quand je l’ai rencontré, il m’a donné l’impression d’un garçon poli et bien éduqué», déclare une mère de famille sous le charme de Badra Aliou dit Le Vieux (homonyme de son grand-père paternel).

Et pourtant, ce n’est qu’en 2012 que ce jeune de 20 ans (né le 02 octobre 1995 à Kadiolo du regretté Troumai Sidi dit Kaou et d’Aminata Kéita) a réellement pris goût au rap. Mais il est vite passé de la simple passion à la prise de conscience. «Mon père est connu pour être un excellent journaliste admiré et respecté pour son engagement. À défaut d’être journaliste comme lui, j’ai choisi de m’exprimer par le rap», défend Bolly Flow. «Je ‘rappe’ (fais du rap) pour l’amour du rap, pour défendre la justice et aussi motiver les enfants à bien travailler, surtout à l’école. Je ‘rappe’ également pour défendre ma cité et ma patrie. Le rap, c’est aussi pour moi, un engagement contre des fléaux comme l’injustice», précise-t-il. À attendant son premier album, il a déjà six «Sons» (titres) sur son jeune répertoire. Il s’agit de Ya pas l’homme, Point final, Okelendo, Tié Kèlè daminè, Lawassalen et Awô né ! C’est à partir de 2013 qu’il a commencé à composer ses titres.

Une vision respectueuse du rap

«Dans les chansons, j’essaie de motiver les enfants et mes camarades d’âge. Mes sons me permettent de véhiculer des messages d’innovation et de révolution, des messages sur la vie. J’y exprime aussi ma vision et mes convictions», explique le jeune rappeur longiligne. Mais, il est aussi conscient des préjugés qui entourent le rap et surtout la jalousie et de la violence verbale qui règne dans ce domaine. «Je suis clashé (pris à partie dans les chansons) régulièrement et souvent de façon obscène. Mais, je ne riposte pas parce que les insultes et les grossièretés ne font pas partie de l’éducation que j’ai reçue en famille. Sans compter que ce n’est pas aussi conforme à ma vision du rap», réplique Badra Aliou.

Après avoir décroché un Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) en BTP (dessin bâtiments), Le Vieux s’attaque maintenant au Brevet de Technicien (BT) dans le même domaine. Et pour s’assurer une certaine autonomie financière, ne serait-ce que pour financer l’enregistrement de ses sons, il n’hésite pas à travailler sur les chantiers aux côtés des maçons à Kadiolo. Ce qui ne l’empêche pas non plus de travailler sur des projets musicaux. «J’ai de nombreux projets. Je compte bientôt m’attaquer aux problèmes qui affectent la ville et le cercle de Kadiolo comme la nécessité de relier par une voie bitumée la ville à la route nationale reliant Sikasso à la frontière ivoirienne ; l’accès à l’éducation, à l’électricité, à l’eau et aux TIC (Technologies de l’Information et de la Communication)…», envisage Bolly Flow. Ce projet, il veut l’intituler : Dougoubila ! Une manière de dénoncer ce que les populations du Folona ressentent comme une indifférence des différents régimes du Mali à l’égard de leur cercle. Mais, dans l’immédiat, le jeune rappeur est très avancé sur son projet «Zamè» ou «riz au gras» ! Il n’en dira pas plus sur ce dernier projet pour mieux surprendre ses fans ! Bolly Flow, Awôné, Lawassalen !

Hamady TAMBA

Source: Le Reporter

Commentaires 

 
0 #1 Mckinley 14-04-2017 16:33
On se souvient que le lieutenant avait fait tolerer la presence du sauvage sur la flotte, sous pretexte que
ce fidele allie offrait a s'introduire dans la ville pour
y decouvrir un endroit faible par ou l'on pourrait y penetrer par surprise.



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