Awa Meïté Van Til promotrice du Festival Daoulaba : «Le défi aujourd’hui, surtout pour les pays du Sud, est de valoriser leurs cultures»
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La 8ème édition du Festival Daoulaba s’est tenue cette année à Bamako. Festival itinérant entre les villes maliennes, cette édition 2015 a rendu un hommage au grand photographe malien Malick Sidibé. Daoulaba, c’était aussi de la musique avec la création d’une chanson dédiée à la lutte contre Ebola à travers 6 grandes voix féminines du Mali, qui ont chanté dans 6 langues nationales du pays. Avec des artistes maliens comme Mariam Koné, une référence de la musique tradi-moderne. Une autre dimension de cette rencontre culturelle demeure la promotion du coton bio-malien, un combat de Awa Meïté Van Til depuis des années. Après l’édition de cette année, la promotrice et coordinatrice de «Routes du Sud» s’est confiée à «Le Reporter Mag».

Le Reporter Mag : Et si on cherchait à vous connaître davantage ?

Awa Meïté Van Til: Je m’appelle Awa Meïté Van Til, j’ai une formation en sociologie. Je suis Designer textile et Accessoiriste. Et je suis enfin Directrice du Festival Daoulaba «Rencontres autour du coton» que j’ai initié il y a 8 ans.

Cette 8ème édition avait pour thème : «La culture comme moyen de construction». Cela est-il possible ?

Effectivement, le thème de cette 8ème édition était : «Le rôle des cultures dans la reconstruction». Cela est bien possible et nous pensons que cela est l’ultime solution. En effet, les cultures sont le socle des sociétés. Sans repères, l’homme n’a pas de futur. Le défi aujourd’hui, surtout pour les pays du Sud, est de valoriser leurs cultures. Nos modèles de consommation sont ceux des autres et nos économies s’effondrent car nous transformons de moins en moins ce que nous produisons, notamment le coton, dont le Mali est importateur-producteur. Nous perdons nos savoirs et notre savoir-faire qui sont pourtant à la fois précieux, pris et reconnus à travers le monde entier.

Selon vous, quels sont les moyens dont les Maliens doivent disposer pour faire une reconstruction à partir de la culture ?

Je pense que pour valoriser sa culture, il faut juste avoir confiance en soi et s’assumer. Cela est devenu difficile avec le diktat des médias dominants qui ont un impact sur notre façon de penser, de percevoir et d’agir. Cela n’est pas évident car avec la globalisation, nous avons tendance à aller vers des modes de penser unique et d’agir. Mais la richesse et la sagesse de nos cultures peuvent aider à être nous-mêmes, à apprendre nos valeurs aux nouvelles générations.

Un monument de la photo malienne, voire international, a été honoré. C’est un hommage ou c’est pour montrer son savoir-faire ? Au-delà du choix de Malick Sidibé, est-ce qu’un travail culturel a été abattu autour de ce personnage ?

Un hommage a été rendu à Malick Sidibé par le Mali. Il est vrai que cette initiative vient de nous, mais il est important de se rappeler les personnes qui font honneur au Mali. Malick Sidibé est un monument vivant et il nous a paru vraiment nécessaire de montrer aux Maliens que malgré les difficultés que notre pays traverse, nous avons des personnes de talent, des modèles que le monde entier respecte. Le message que nous voulions faire passer aussi est celui de prouver que le Mali reconnaît et célèbre ses talents et que des initiatives locales comme le Festival Daoulaba peuvent contribuer à cela. Durant toute l’année 2015, le concept va voyager et nous rendrons un vibrant hommage à Malick Sidibé à travers le monde, Inch Allah.

Comment qualifiez-vous cette 8ème édition ? En plus du coton, c’est une ouverture à d’autres branches de la culture malienne?

Cette 8ème édition a été une étape importante. Elle montre encore une fois que la qualité du contenu d’une telle initiative n’est pas forcément liée aux ressources. Nous avons eu très peu de moyens financiers. Mais malgré tout, nous sommes arrivés à mobiliser d’importants partenaires que nous tenons à remercier et que nous espérons nous retrouver dans tous les secteurs de la vie et dans d’autres pays. On retrouve la culture dans la mode, dans la langue, dans l’interaction entre les gens, dans les conseils aux enfants. Le Festival permet de montrer ce que nous avons de beau et d’innovant en matière textile. Mais cette année, la photographie y a occupé une place importante. Mais il ne faut pas oublier la chanson que nous avons lancée avec certaines des plus belles voix féminines du Mali, qui chantent dans 6 langues nationales et qui contribuent à la lutte contre Ebola.

Aujourd’hui, le Festival est revenu à Bamako. Pourra-t-il se tenir partout ou va-il retourner à Koulikoro ?

Le Festival est mobile et je pense que c’est ce qui fait aussi sa particularité. Et l’itinérance continue de se construire même en dehors du Mali.

Kassim TRAORE

 

Source: Le Reporter

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