Musique malienne : Bassékou Kouyaté, le cousin malien de Hendrix
Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Renversante, la musique que Bassékou Kouyaté fait entendre sur les scènes du monde entier montre à quel point les traditions de son pays, qu’il connaît parfaitement et dont il est fier, peuvent trouver une déclinaison moderne. Avec son quatuor de ngonis, sa pédale wah wah et ses distorsions, il fait sauter les derniers clichés sur son nouvel album Ba Power.

Le groupe que conduit Bassékou Kouyaté est une sorte de TGV malien dont le souffle vous déséquilibre quand il roule à proximité. Ba Power n’est pas un album qui s’arrête en gare pour embarquer ses passagers, il les cueille dès la première note en les attrapant par la main pour les faire monter dans les wagons. Et ne leur laisse guère le temps de reprendre leur respiration avant d’accélérer.

Siran Fen, le premier morceau, n’a commencé que depuis trois minutes que vous voilà déjà très loin, non plus sur des rails, mais en pleine mer de groove, en train de surfer des vagues démesurées au son des ngonis électriques déchaînés et de la batterie.

Toute l’expérience de Bassékou s’entend, bien au-delà de la seule connaissance de son instrument. Celui qui a fait ses premières sorties internationales avec Toumani Diabaté et Habib Koïté, à la fin des années 1980, connaît les ficelles pour que ses concerts aussi endiablés que maîtrisés marquent les esprits. Et il a trouvé les moyens de convertir ces acquis pour conserver leur énergie en studio. Dans cette démarche initiée depuis Segu Blue, premier album de ce projet destiné à faire connaître le ngoni sous un jour nouveau à coup de pédale wah wah, le musicien ose toujours davantage sur le plan artistique.

Comme sur Musow Fanga, quand le souffle d’une trompette éthérée surgit en arrière plan, après les envolées chantées de la griotte Amy Sacko. Mais l’avant-gardiste qu’il est ne joue pas pour autant la carte de la rupture totale avec les traditions. Après la tornade, en guise d’au revoir sur l’instrumental Bassékouni, dernier des neuf titres de Ba Power, le virtuose fait redescendre le tempo et nous ramène calmement sur terre, avec la bienveillance de ces hommes qui savent prendre soin de leurs invités.

Bertrand LAVAINE

 

Source: Le Reporter

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

KIOSQUE JOURNAUX
(Sélectionnez un journal pour afficher les articles)

Restez connecté

You are here:   Faits Divers

Culture Sports et Divertissements