Neuf ans après sa disparition : Ali Farka Touré fait toujours parler de lui
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7 mars 2006-7mars 2015 ! Cela fait déjà neuf ans que le monstre sacré du blues s’est éclipsé de la scène de la vie. Et pourtant, Ali Ibrahim Touré dit Ali Farka, c’est bien de lui qu’il s’agit, reste l’un des musiciens africains les plus appréciés à travers le monde et sa formidable notoriété semble inoxydable. Parler d’Ali Farka Touré pour quelqu’un qui l’a côtoyé comme votre serviteur, tourne facilement à la répétition. Mais, comme le disent les pédagogues, «la répétition est pédagogique». Surtout si elle permet de faire découvrir une grande star, qui a fait la fierté de l’Afrique.

Ali Ibrahim Touré dit Farka Touré (né le 31 octobre 1939 à Kanau et décédé le 7 mars 2006 à Bamako) demeure incontestablement l'une des plus importantes figures musicales d'Afrique voire du blues mondial avec ses trois Grammy Awards, dont un posthume et un second arrivé à Bamako la veille de ses obsèques en mars 2006. «On ne cessera jamais d’être émerveillé par la profondeur artistique, esthétique et culturelle de la musique d’Ali Farka Touré. Sa musique est intemporelle, ses compositions fascinantes et son blues atypique», nous disait un ami Américain à qui nous venions d’offrir «In the Heart of the Moon» en fin 2014 à Atlanta (Etats unis). Ce jour, il était aux anges comme si nous lui avions offert un trésor qu’il n’envisageait jamais posséder un jour.

Il est vrai que les compositions d’Ali brillent par cette constante volonté de prouver que l’Africain a du rythme dans le sang et que, comme il l’a toujours défendu de son vivant, «les racines du blues» sont en Afrique. Les autres se partagent le tronc, les branches et les feuilles. D’où l’originalité de son blues adulé dans le showbiz. Et des sommités comme Martin Scorsese (réalisateur américain) lui ont donné raison en établissant une relation étroite entre les deux genres et considérant la musique d’Ali Farka comme étant «l’ADN du blues». Un bel hommage à cette star au commerce agréable qui ne cessait de nous rappeler que, «l'Afrique est ma source d'inspiration, mon repère, mon bonheur». Et ce n’est pas de la démagogie parce que la musique d’Ali était universelle même s’il chantait fréquemment en songhaï, en peul, en bambara… Et contrairement à de nombreux artistes africains, Ali Farka Touré n'a jamais cédé à la tentation de s’exiler en Occident lorsque, dans les années 70-80, l'expansion de la world music a attiré nombre d'entre eux en Europe.

Bien au contraire, souligne un critique occidental, «ce musicien à la culture musicale impressionnante, respecté et vénéré dans le monde entier, était plus qu'aucun autre proche de sa terre, le Mali, Niafunké». Et cela à tel point que, après avoir séduit la scène musicale internationale avec son blues enchanteur, il est revenu à ses racines pour non seulement contribuer au développement de Niafunké en se faisant élire maire, surtout avec la farouche volonté de contribuer à briser le cycle infernal de la famine dans cette zone par des investissements conséquents dans l’agriculture.

Les trois Grammy Awards qu'il a reçus, dont l'un d'eux posthumément, prouvent le succès international du «Bluesman paysan», notamment en Amérique du Nord où sa côte dépassait l’imaginable pour une «star africaine». Il est ainsi classé 71e par Rolling Stone et 37e par Spin dans leur liste des «100 Meilleurs guitaristes» de tous les temps. Déjà neufs ans que cet artiste engagé, au franc-parler déroutant et au patriotisme contagieux, est parti rejoindre ses ancêtres. Mais il est plus que jamais vivant. Il est plus que jamais omniprésent par ses œuvres anthologiques comme Talking Timbuktu, The River, The Source, Savane, In the Heart of the Moon, Niafunké avec des chansons remarquables qu’Amadraï, Diarabi, Allah Uya… ! Qui disait que les artistes, les vrais, ne meurent jamais !

Moussa BOLLY

Source: Le Reporter Mag

Commentaires 

 
0 #1 Charis 02-04-2017 23:07
Il acceptait sans reflexion que Paris s'abimat dans une conflagration prodigieuse; il trouvait naturel que
la catastrophe intime a laquelle il etait mele se confondit avec
un desastre public et que cette nuit, enfin, fut pour tout un peuple, comme pour lui-meme,
une nuit sinistre.

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